SUBALTER

 Entre mes trêves de vie, je sors moi de lui et, rêve à mon antre
Conscient telle l'étrave, qui clive sa vague, j’entrave l'illusion
Vision créée par de péremptoires circonlocutions pithiatiques
Insensible à tous ces émois, j'évite d'être cinglé par ces ressacs
 
Une mer affublée d'âmes bleues, trempées d'équivoques gracieuses
Flottant sans pâtir, sur ces flots indigents, oubliés par les vents
Leurs voiles figées semblent si imperméables aux impaires du cœur
N'auraient-elles donc pas de part dont elles voudraient se libérer
 
Intensément, effaçant toutes traces, cette mer se laisse sillonner
Autant sous que sur elle, c'est sans contredit une étendue d'ombres
Une mer où sombrent encore les ors l'amour et le cruel des lendemains
 
Masse d'eau étourdissante circonvenant lourdement ma vile mansuétude
Entre la fatigue qui me tangue et elle, il y a ma sombre trêve et moi en lui 
Inconscient, telle l'épave aux vagues, je me gave d’une mer de désillusions

#LimbiKJGo

LANTERNE ET SES CORUSCATIONS

 La nuit radiante porte ses jours sombres en elle
Mis à jour chaque soir avant le lever de l’ombre
Forte de l’espérance de nuire aux matins assombrit
Elle ajourne avant la nuit les nouveaux jours de soleil
 
Vivre tous ces matins sous l’abat-jour
N’être qu’ampoule au filament cassé
Qui lorsqu’on la secoue mortellement
Se rallume et s’illumine en attendant
Que l’incandescente vie rebrûle le fil
 
Chaque nuit le bulbe et ses pétillements intérieurs
Dégagent en saccades l’éclat d’une lueur rutilante
Chatoiements entre les ténèbres et l’illumination du vide
 
La version romantique d’un film noir à l’eau de rose
Une lumière sans frère, un flash à la poudre humide
Que pour jouir les jours de la luminescence d’une flamme
Ne brûlant que la bougie des nuits aux espoirs rougeoyants

#LimbiKJGo

JOURNÉE LUNEUSE

 Toi, ma douce tendresse nocturne
Vêtue lumineuse d’une peau de lune
 
J’aimerais que tu me désires
 
Du bout de mon simple lit
Bordé sous deux quatorzaines
D’attentes non moins longues
Que ce grand mât de misaine
 
J’aimerais que tu me désires
Savoir que tu aimes
Me voir fixer ton regard
 
Je suis ton amoureux fou
Sur notre terre de fantasmes tristes
Celui qui attend ton splendide regard
Celui qui sérénade l'amour sous l’univers
 
J’aimerais que tu me désires
 
Colore-moi ce ciel entre nous
Illumine le bonheur sur mon visage
De tes suaves et tendres éclats nocturnes
Permets-moi d’éblouir aussi ton regard
Sur moi et sur l’amour de nos nuits
 
Ensemble, oublié par les jours sombres
Amants de la pénombre ensoleillée
Laissons naître à chacun de nos matins
Ce petit bonheur d’être attendu par l’amour
 
J’aimerai te désirer toujours
 
Que la splendeur de ton regard aime nos nuits
Que séduite, tu me laisses sous mes deux quatorzaines
T’observer te vêtir, pour moi, de cette désirable peau de lune

#LimbjKJGo

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